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ESTOURMEL

1°) Localisation géographique

Le village d’Estourmel est situé à environ  8 km du centre de Cambrai et à 700m de la départementale D643. (Encore appelée « Route du Cateau »).

Localisation EstourmelSource : Géoportail de l’I.G.N.

2°) Bréve présentation

Il s’agit d’un village de  moins de 500 habitants surtout connu dans le Cambrésis pour son parc animalier (maintenant fermé) de 6 ha qui accueillait plus de 200 animaux de 36 espèces différentes, la plupart étant en semi liberté. C’était un parc familial dans lequel les enfants pouvaient approcher les animaux de la ferme comme les mini-chèvres mais aussi des ratons-laveurs qui n’hésitaient pas la tendre la main (la patte) certes pour de la nourriture mais qui donnaient l’impression assez troublante  de serrer la main d’un jeune enfant.

Les parents qui pique-niquaient pouvaient laisser sans problèmes leurs enfants à la plaine de jeux tout cela dans une ambiance bon-enfant.

 Les automobilistes de la route du Cateau avaient même la surprise de découvrir des lamas à quelques centaines de mètres de la route ce qui avait pour avantage de les faire ralentir.

 

Mais nous verrons plus loin que le marquisat d’Estourmel,  possédé depuis 1024 par les seigneurs nommés Creton (qui prirent indifféremment le nom de Creton ou celui d’Estourmel), a vu naitre une lignée dont la plus célèbre descendante n’est pas moins que la reine actuelle d’Angleterre Élisabeth II. Nous parlerons surtout  de Reimbold Creton l’immortel chevalier de la première croisade.

Notons que le village, d’après les archives, a porté plusieurs noms : Stormel, Sturmel, Strommel , Estourmelle….et en latin Strumella.

Ci-dessous une carte de l’État major de 1866 sur laquelle apparaissent (en bas à gauche) les dépendances d’une ferme Creton.

carte état major 1866 source géoportail IGNSource : Géoportail de l’IGN

  3°)Découverte du village

Un panneau au cœur du village attire l’attention du promeneur, suivons cette incitation à la découverte.

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L’église Saint Vulgan (1866)

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Autel d’une chapelle absidiaire de l’église surmonté de la statue  de Saint Vulgan ermite en Nord Pas-de-Calais (VIIème siècle),

Anglais de naissance, il est envoyé (par le ciel !) en Gaule dans la région de Wissant. Il évangélise la région de Boulogne et de Thérouanne.

Source 

http://lalumierededieu.eklablog.com/saint-vulgan-ermite-dans-le-pas-de-calais-7eme-s-p239032

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Ci-dessous une vue de l’église et de la chapelle Bricout prise depuis la rue de l’église.  L’architecture néogothique de cette dernière semble être une réplique miniature de la Sainte Chapelle de Paris.

A noter que l’église St Vulgan est l’exacte réplique de celle de Proville (près de Cambrai)

L’église et la chapelle Bricout (1850)

OLYMPUS DIGITAL CAMERA L’église a été édifiée par l’architecte  André de Baralle pour Mme Léocadie Bricout en souvenir de son fils Casimir, elle fût bénite le 8 Août 1865 par l’Archevêque de Cambrai Monseigneur François Régnier.

Vue de la chapelle Bricout.

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L’ange annonciateur du jugement dernier (assimilé à l’Archange  Gabriel) domine le cimetière paroissial depuis l’abside de la chapelle Bricout

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Dans le plus pur style néo-gothique la chapelle est décorée de gargouilles d’un bestiaire qui rappelle  celui de la cathédrale de Laon.

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La butte féodale (voir plus loin § 6)

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4°) L’ héroïque  histoire de l’ immortel Reimbold Creton (d’Estourmel)

-Avant propos situant la mentalité et les croyances de l’époque (XIème siècle)

 L’an 1000 de la chrétienté avec ses craintes et ses superstitions est à peine passé, et l’inculture des gens de l’époque font que la France campagnarde ignore souvent qu’un millénaire, (nombre supérieur  aux dix doigts des mains), s’est déroulé depuis la mort du Christ.

 Les seigneurs n’ont de loisirs que dans des conflits de voisinage ou à la conquête de nouvelles terres. On guerroie dans toute l’Europe. Cependant ceux ci commencent à établir quelques règles et quelques codes qui amorcent la naissance de la chevalerie. (On ne tue plus les femmes, les enfants ni les représentants du culte.)

 -Un tournant dans l’histoire de la chrétienté (l’Europe médiévale).

Un événement arrive bien à propos pour canaliser et unifier les ardeurs des chevaliers, c’est la délégation qu’envoie  l’empereur Byzantin Alexis Commène auprès du pape Urbain II lors du concile de Clermont (Clermont Ferrant).

Le 27 Novembre 1095 lors de ce concile le pape lance un appel solennel à la Chrétienté pour délivrer les lieux saints et d’aller au secours des chrétiens d’Orient.

Quelle était la situation ?

Depuis 638, année de la prise de Jérusalem par les musulmans, les pèlerinages continuaient comme si de rien n’était. Jérusalem  accueillait tous les pèlerins quelle que soit leur religion. En effet ceux-ci assuraient des revenus importants aux orientaux et ces derniers les protégeaient. Sous le règne des califes abbassides de Bagdad, des monastères relais se multiplient sur les routes des pèlerins pour apporter aide et secours à ceux-ci.

  Que s’était-il donc passé ?.

En fait à Jérusalem, le Saint-Sépulcre, l’endroit supposé où le Christ aurait été inhumé après sa crucifixion avait été détruit en 1009 sur ordre du sultan fatimide d’Égypte El-Hakim, dans un accès de fanatisme.

Plus gravement encore, la Palestine avait été occupée en 1071 par les Turcs Seldjoukides, lesquels empêchaient depuis lors les pèlerins d’aller faire leurs dévotions à Jérusalem.

De son côté, l’empereur chrétien de Byzance bien qu’en froid avec le pape, attendait une aide militaire urgente pour résister à la pression turque.

C’était pour les chrétiens d’Occident autant de raisons de prendre la route de Jérusalem. Sans oublier les promesses des prédicateurs qui faisaient miroiter des territoires à conquérir, l’enrichissement des cupides, la rémission des péchés et des crimes à tout conquérant de Jérusalem, sans oublier la vie éternelle aux guerriers morts en combattant les païens ou les infidèles. Sans oublier non plus  les jolies Égyptiennes qui les attendaient à bras ouverts. Certains étaient même convaincus de retrouver les juifs qui avaient condamné le Christ à mort. C’est ainsi que certains égarés, , se livrent à des massacres de juifs en Rhénanie, malgré l’opposition  des évêques. Ils commettent des pillages jusqu’en Hongrie, où une partie d’entre eux sont massacrés par les seigneurs locaux. C’est le début de l’antijudaïsme en Occident après plusieurs siècles de coexistence relativement pacifique entre juifs et chrétiens..

Ces harangueurs, dont le plus connu est le fanatique Pierre l’Ermite, arrivent à entrainer dans leur sillage 15000 pèlerins qui se réunissent à Cologne. C’est de là qu’ils partent le 12 avril 1096 sans attendre l’appui des chevaliers.

Les  troupes de Pierre l’Ermite, arrivent plus ou moins sans encombre à Constantinople le 1er août 1096, bien avant que les guerriers d’occident aient eux-mêmes quitté leur lieu de rassemblement.

Désobéissant à leurs chefs, les croisés se remettent en route, traversent le Bosphore, s’aventurent jusqu’à Nicée, provoquent les Turcs et se font massacrer. Les survivants arrivent à regagner Constantinople et se joindront plus tard, avec Pierre l’Ermite (survivant), à l’armée de Godefroy de Bouillon.

C’est la fin de ce que l’on appelle  la croisade « des pauvres » ou encore « des fous de Dieu ».

Français_2754,_fol._21r,_Croisade_des_pauvres ..

source Bnf Gallica

Source Wikimédia:

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:PeoplesCrusadeMassacre.jpg

Première croisade à laquelle participe et se distingue Reimbold Creton d’Estourmel

Les guerriers, quant à eux, prennent le temps de se préparer. Ils se rassemblent au Puy et attendent le 15 août 1096 pour se mettre en route selon les instructions du pape. (Près de trois ans s’écouleront avant qu’ils atteignent leur but, la libération de Jérusalem et du tombeau du Christ). Résumons-en les grandes lignes.

L’expédition comprend quatre armées.

- Les Francs du nord se placent sous le commandement d’Hugues de Vermandois.

- Les chevaliers des régions du Rhin et de la Meuse, au nombre de 10.000, sont dirigés par le comte Baudouin de Flandre et son frère, le duc Godefroi de Bouillon.

- Les Francs du midi suivent le comte de Toulouse, Raimon IV de Saint-Gilles.

- D’Italie méridionale part une armée commandée par Bohémond de Tarente

Les trois armées de croisés Francs comptent au total 150 000 personnes. Elles se rejoignent à Constantinople et traversent le détroit du Bosphore. Avec leurs puissantes machines de siège, elles s’emparent de Nicée.

Elles sont rejointes par la quatrième armée, venue d’Italie méridionale, et poursuivent leur route sur un sol escarpé et sous un climat torride. Bohémond de Tarente met le siège devant la ville d’Antioche, au nord de la Syrie, et s’en empare.

Venons-en à l’aventure héroïque, selon les considérations de l’époque,  de Reimbold d’Estourmel au siège d’Antioche.

Les chrétiens venaient de livrer la fameuse bataille du pont d’Antioche ou Reimbold d’ Estourmel avait signalé sa bravoure à coté de Godefroi de Bouillon et d’Enguerrand de Saint-Pol ;  Ils mettaient tous leurs soins à ne laisser échapper aucun des Sarrasins cherchant son salut dans les eaux du fleuve Oronte qui baigne les murailles de la ville.

De ces fuyards, plus de 200 (500 suivant une autre version) se réfugient sans armes dans une espèce de retranchement qui se trouvait sous les arches du pont. Les Francs les voient avec dépit s’échapper de la sorte à leur poursuite.

Boëmond stimule en vain l’ardeur des chevaliers qui l’environnent ; mais aucun n’ose affronter le danger de traverser un fleuve rapide et profond, sous une grêle de traits (flèches) qui l’assaillirait du haut des remparts.

L’intrépide Reimbold Creton, chevalier de petite taille, mais d’une grande force et d’un courage indomptable, ne peut supporter la honte des reproches que Boëmond adresse aux croisés. En un clin d’œil, il saute en bas de son coursier, il se débarrasse de son heaume, ne conserve que son  haubert, sa lance et son épée, et se jette à la nage dans l’Oronte. Il traverse le fleuve avec intrépidité et gagne le pont du coté opposé à celui où les turcs se reposent pleins de sécurité  sous leur afeutrement (Pièce rembourrée dont on se garnissait le dos. Harnachement. Vieux Français)

Il gravit sans crainte leurs retranchements, les  attaque à l’improviste, les effraie par sa hardiesse, et seul, de sa lance qui est bientôt brisée, puis ensuite de son épée, il en massacre la moitié, tandis  que les autres n’échappent à ses coups que pour aller périr dans les eaux du fleuve.

Cependant les cris des mourants attirent l’attention des assiégés : du haut des murs d’Antioche ils aperçoivent Reimbold qui retourne à la nage vers les siens, et font pleuvoir sur lui une grêle de traits (Flèches). Son haubert en est brisé ; il a déjà reçu plus de quinze blessures d’où son sang coule en abondance.

Notre héros commence à perdre ses forces, sous les nouveaux traits qui l’accablent ; son épuisement l’oblige à ralentir sa course, malgré les acclamations de vingt mille croisés qui l’encouragent de l’autre coté du fleuve et d’où  l’évêque du Puy  lui donne sa bénédiction solennelle : enfin il succombe et il disparait au fond du fleuve. C’est alors un cri d’effroi général  du coté des Francs qui invoquent hautement en sa faveur le Saint Sépulcre et le secours du ciel.

Mais tout-à-coup Reimbold Creton se trouve miraculeusement débarrassé des armes pesantes  qui le retenaient au fond de l’Oronte et reparaît au-dessus de l’eau.

Un grand nombre d’écuyers volent aussitôt à son secours, le ramènent sur le rivage, et de là dans la tente même de Godefroy de Bouillon, où, par les soins d’habiles médecins, il ne tarde pas à obtenir la guérison de ses blessures et en état de marcher à de nouveaux exploits.

Siège d’Antioche

Siège d'Antioche-Passages_d'outremer_-_BNF_Fr5594_f59v_.

Source BnF : https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f0/Passages_d%27outremer_-_BNF_Fr5594_f59v_-_Si%C3%A8ge_d%27Antioche.jpg

Bohémond de Tarente renonce à rendre Antioche aux Byzantins et la garde pour lui, en se proclamant prince d’Antioche. C’est le début de la mésentente entre les chrétiens d’Occident et les Byzantins.

Au terme de ces épreuves, les croisés sont à bout : longues marches sous la chaleur, maladies et manque de nourriture, sièges épuisants, combats frontaux contre les cavaliers turcs…

Un très grand nombre d’entre eux sont morts en chemin et chez les survivants, la lassitude le dispute à la foi..

La prise de Jérusalem

Raimon de Saint-Gilles surmonte le premier la griserie du pouvoir. Après quelques mois d’hésitation, il reprend sa marche vers Jérusalem en suivant la corniche libanaise. Il est bientôt rejoint par Godefroi de Bouillon.

Les rivalités entre musulmans vont servir les croisés. Profitant des désordres du moment, les musulmans fatimides d’Égypte ont enlevé en 1098 la Palestine au calife de Bagdad.

Quand, un an plus tard, Raimon de Saint-Gilles et Godefroi de Bouillon arrivent au pied des murailles de Jérusalem, ils ont en face d’eux une ville en état de choc, avec des défenses affaiblies par un premier assaut. Après un siège de plusieurs semaines, ils arrivent à bout de la garnison égyptienne et pénètrent dans la ville. Enfreignant les ordres de leur chef, les croisés massacrent les habitants qui s’étaient réfugiés dans les mosquées.

Quant à Reimbold Creton d’ Estourmel : Non seulement il est à Jérusalem lors de sa conquête, mais encore il s’en distingue entre tous les autres chevaliers. Le 15 juillet 1099 à l’heure de nones (neuvième heure du jour, moment auquel il est récité par les moines ou chrétiens laïcs pratiquants. Il est donc habituellement chanté ou dit vers 15 heures. Il commémore l’instant où le Christ est mort sur la Croix). Cet héroïque soldat de la croix est le premier à monter à l’assaut et à s’établir sur la crête des murailles, il  repousse l’ennemi avec intrépidité et pénètre dans la ville Sainte.

Dés lors il prit comme cri de guerre « Estourmel ! » et pour  devise « Vaillant sur la crête ».

Voir illustration ci-dessous : Reimbold Creton d’ Estourmel jaillissant de la tour d’ assaut  entre le premier dans les fortifications de Jérusalem.

Raimbold d' Estourmel entre le premier dans les murs de jérusalem

Lorsqu’il fût couronné roi  de Jérusalem, Godefroi  de Bouillon, pour reconnaître et immortaliser la valeur avec laquelle il l’avait vu affronter sans crainte les traits de l’ennemi  et monter  le premier  sur la crête du mur de la ville, lui fit présent d’un éclat de la vraie Croix enchâssé dans un reliquaire d’argent  crételé.

Reimbold Creton, comme les autres croisés, contempla avec transport et vénéra avec piété tous les lieux sanctifiés par la présence et par la mort du Dieu Sauveur. Mais il ne voulut pas s’en éloigner tant que son épée pouvait encore servir à les défendre et à les protéger.

Godefroi de Bouillon l’employa avec succès dans le cours de la guerre qu’il eut à soutenir contre les Sarrasins, et lui confia principalement la défense d’un retranchement qu’il fit élever à Antioche.

Quand Godefroi de Bouillon fût solidement établi sur son trône, que la croisade eut atteint le but fixé par le pape, Reimbold Creton revint en  Cambrésis vers l’an 1100 dans son château d’Estourmel.

Il y passa une année à peine à se reposer des fatigues et des souffrances de la croisade. Son ardeur guerrière et chevaleresque le faisait soupirer sans cesse vers de nouvelles aventures et de nouveaux exploits. Il trouva bientôt l’ occasion de suivre son inclination belliqueuse.

Il apprend, en 1101, que Louis, régent du royaume de France, en l’absence du Roi Philippe, son père, se dispose à mettre le siège devant le château de Montmorency. Il va sans retard offrir ses services à Louis-le-Gros ; Comme à Jérusalem il étonne  les assiégés par sa hardiesse et son courage mais il succomba sous le nombre et trouva une mort glorieuse dans les rangs ennemis où l’ avait emporté son ardeur.

Avec la prise de Jérusalem, la croisade a atteint le but fixé par Urbain II, non sans d’immenses souffrances. Sur environ 150 000 croisés, combattants et non-combattants, moins d’un dixième sont arrivés au terme du voyage. Et ils ne sont pas au bout de leurs difficultés.

Mais c’est une autre histoire ! :-(

5°) Les gisants d’ Estourmel dans l’ église St Vulgan

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En fait il ne s’agit pas des gisants de Reimbold Creton d’ Estourmel (l’immortel) et de son épouse, mais des gisants de Gilles d’Estourmel,  décédé 19 juillet 1522 et d’Elayne de Noyelles son épouse, décédée le 17 octobre 1518. (Près  de quatre siècles séparent Reimbold d’Estourmel de Gilles d’Estourmel)

Ce tombeau fût soustrait au vandalisme de la révolution par les soins du marquis Louis d’Estourmel qui le cacha dans une pièce d’eau adjacente au château de Suzanne (Somme).

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Ci-dessous des lithographies des gisants  qui se trouvaient dans le château de Suzanne (Somme).

Source : https://inventaire.picardie.fr/dossier/tombeau-gisant-de-pierre-d-estourmel-et-de-sa-fille-adrienne/9dbc30a3-038f-466b-8fce-47624654048d

Gisants Gilles et Pierre d' EstourmelSource Bibliothèque d’ Abbeville http://www1.arkhenum.fr/bm_abbeville_macqueron/_app/visualisation.php?id=1507

->à gauche Gisant de Gilles d’ Estourmel et d’Helayne de Noyelles provenant du château de Suzanne et offert au village d’Estourmel par Mme Elysabeth Terré-d’ Estourmel.

->à droite Gisant de  Pierre d’Estourmel et de sa fille Adrienne provenant également du château de Suzane et se trouvant au musée de St Quentin (Aisne) dans un premier temps puis dans la basilique en 1977 Le musée a déposé l’œuvre à la basilique en 1977.(Troisième chapelle nord du déambulatoire Saint Louis)

Voir photo ci dessous des gisants de Pierre d’Estourmel et de sa fille dans la Basilique de St Quentin.

Basilique de Saint Quentin

À noter qu’il existe une incertitude quant à l’identité du personnage féminin.(fille et/ou épouse ?).

Petite remarque : En observant le gisant de Gilles d’ Estourmel se trouvant dans l’église St Vulgan, je ne retrouve pas à coté de sa tête le Casque empanachée de la lithographie ci-dessus. D’autre part l’expression des visages est bien différente, sans oublier la forme des mentons pointus pour la lithographie et carrés sur ma photo prise dans l’église. S’agirait-il d’erreurs de représentations dues au graveur de la lithographie ? Ou alors, c’est peu probable, d’une erreur d’identification de la dalle funéraire ?.

En effet ce dernier monument, qui provient de Suzanne dans la Somme, est presque identique à celui originaire de Vendhuile* et laisse soupçonner que les deux œuvres ont été commandées au même atelier, ou que le monument de Suzanne a servi de modèle pour celui de Vendhuile.

*(Une branche de la famille d’Estourmel possédait, dès l’an 1307, la seigneurie de Vendhuile,)

 

Anecdote « people » :

Yves Lecoquierre-Duboys de La Vigerie dit Yves Lecoq, imitateur, fut propriétaire du château de la famille d’Estournel à Suzanne dans les années 1980.

https://www.flickr.com/photos/33852840@N06/5741621517/

6°) la butte féodale

Il s’agit des vestiges du château de l’héroïque Reimbold Creton que l’on considère comme étant à la tête de cette illustre Maison.

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7° les d’Estourmel à Estourmel

-On découvre dans le sas de l’église une gravure qui nous indique qu’un autre Gilles Creton d’ Estourmel s’est sans doute distingué lors des croisades et repose dans l’église. La croix pâtée rouge semble indiquer qu’il était un membre des « pauvres chevaliers du Christ » autrement dit un Templier. (Ordre fondé le 23 janvier 1120 lors du concile de Naplouse et dont la première mission était la protection des pèlerins).

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-En cliquant sur le lien ci-dessous vous découvrirez la généalogie des Estourmel (21 pages)

http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Estourmel.pdf

-À l’entrée de l’église vous pouvez trouver un flyer qui résume les exploits de Raimbold Creton d’ Estourmel avec au verso une généalogie de  nombreux souverains Européens dont les ancêtres sont Gilles d’ Estourmel et son épouse Hélene de Noyelles.

-En septembre 2016 lors des journées européennes du patrimoine

La fille du dernier marquis d’Estourmel, Elizabeth Terré-d’Estourmel n’est pas venue les mains vides : un reliquaire contenant un morceau de la croix du Christ l’accompagnait.

 Il sera en exposition dans l’église (sous bonne garde, cela va sans dire. «  C’est Godefroy de Bouillon qui l’a offerte à Reimbold Creton parce que ce dernier était le premier à franchir le mur de Jérusalem.

D’après un reportage de Mme Lucie Delorme de « La voix du Nord »

http://www.lavoixdunord.fr/45104/article/2016-09-15/plongez-dans-l-histoire-de-reimbold-creton-et-sa-vraie-croix

 

Des frères de la  commanderie des templiers Reimbold Creton de Cambrai étaient présents lors de cette présentation. A cette occasion une plaque commémorative rappelant la devise « Creton sur la crête » de Raimbold Creton d’ Estourmel  a était posée sur les vestiges de son château.

Adresse Facebook : https://www.facebook.com/cambrai.templier.osmth.nord.

 

 

8° Fin de l’article :

Il ne reste plus qu’à vous rendre dans ce village lors d’une promenade dominicaine. Il y a encore des prises de vue à y faire, par exemple l’autel dont le soubassement représente la cène.

Bonne lecture, et bravo pour  votre patience, vous avez tout lu jusqu’au bout de ce très (trop) long article !  :-)

 

Petit remarque les photos personnelles  sont sous licence Creative Commons

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Pour les autres photos et illustrations: les sources sont citées.

 

C’est-à-dire que vous pouvez les copier sous réserve qu’elles ne le soient pas pour un usage commercial, que vous citiez la source et rappeliez les termes de la licence.

 

9° les sources pour la rédaction de cet article

-La noblesse de France aux croisades :Books.Coogle

https://books.google.fr/books?id=grhBAAAAcAAJ&printsec=frontcover&dq=La+noblesse+de+France+aux+croisades&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi59bmvz-rQAhWCrRoKHXDLDX0Q6AEIHDAA#v=onepage&q=La%20noblesse%20de%20France%20aux%20croisades&f=false

 

-Reimbold Creton au siège de Jérusalem voir page 172 du livre ci dessus.

https://books.google.fr/books/content?id=grhBAAAAcAAJ&hl=fr&pg=PA172-IA2&img=1&zoom=3&sig=ACfU3U1julk_RbOnDIz21TqyWueqEwZ8oA&ci=206%2C260%2C669%2C907&edge=0

 

-Les antiquitez, histoires et choses plus remarquables de la ville d’ Amiens.

https://books.google.fr/books?id=psDrF0ShnbAC&pg=RA1-PA182&lpg=RA1-PA182&dq=creton+d%27+estourmel&source=bl&ots=pOGVJztMuL&sig=QyvdVBHuIejAaU0E8DXrMGzlRQo&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjwq4fZ3PjPAhVM7RQKHQOSAeEQ6AEIJzAC#v=onepage&q=creton%20d%27%20estourmel&f=false

 

- Pierre l’ermite sur Wikipedia.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_l%27Ermite

 

-Site officiel de la commune d’Estourmel

En page d’accueil : une vue aérienne de ce village avec une mise en évidence de son église et de la chapelle Bricout.

http://www.estourmel.fr/index.php

 

-L’Histoire des croisades : Site Herodote.net

https://www.herodote.net/De_l_appel_de_Clermont_au_depart_des_croises_1095_1096_-synthese-82-144.php

Et

https://www.herodote.net/histoire/synthese.php?ID=83&ID_dossier=144

-1096-1099 Succès de la première croisade

https://www.herodote.net/1096_1099-synthese-83.php

 

-Notice historique sur le château de Suzanne. Maison et Marquisat d’Estourmel

Source : Books Google : https://books.google.fr/books?id=-AUbAAAAYAAJ&pg=PA9&dq=reimbold+creton+d%27estourmel&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiG48z06bLPAhWHzxQKHRrKDV0Q6AEIHDAA%23v=onepage&q=reimbold%20creton%20d%27estourmel&f=false#v=onepage&q&f=false

 

 

 

-5-La Flamengrie

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LA FLAMENGRIE

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1°) Localisation Géographique

La Flamengrie, village d’environ 400 habitants se trouve à 20 km à l’Est de Valenciennes et à 6 km à l’ouest de Bavay. Il possède la singularité d’être quasiment enclavé en territoire Belge.

Parler de La Flamengrie, enclave Française en territoire Belge, c’est surtout et avant tout parler de son histoire qui est indissociable du tracé de la frontière Franco-belge.

La Flamengrie localisationSource Géoportail de l’ IGN

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2°) Un peu d’histoire

(D’après des extraits du livret de MM. Debrabant et Renteux  « La Flamengrie : Village marqué par la frontière »)

Déjà le nom de « La Flamengrie » en lui même fait immanquablement penser à Flamand.

En fait cette partie de territoire aurait été peuplée vers la fin du XIème siècle par une colonie Flamande. Époque où les comtés de Flandre et de Hainaut étaient réunis.

Le village a porté plusieurs noms depuis cette époque mais ils désignaient sous différentes orthographes le lieu d’habitation de Flamands.

 

Quelques dates

-Le 10 Août 1678 le traité de Nimègue  (Pays-Bas) est signé, Après avoir conquis les Pays-Bas espagnols  Louis XIV souhaitait faire la paix avec Guillaume III d’Orange. Des villes occupées par les Français comme Maastricht sont rendues au prince d’Orange. Quelques places-fortes  Charleroi, Ath, Courtrai…sont rendues à l’Espagne par contre  de nombreuses places-fortes flamandes sont cédées à la France : Valenciennes, Cambrai, Maubeuge, Bouchain, Condé sur Escaut, Bavay…Places-fortes du futur pré-carré de Vauban.

Conséquence de ce traité ; Le Hainaut est coupé en deux, La Flamengrie est rattachée à la France. Roisin, village voisin qui appartenait à la prévôté de Mons reste espagnol. Mais la paix de Nimègue ne dure pas longtemps, la guerre revient en 1690.

Suivent les mauvaises récoltes, les contributions écrasantes, les razzias des voleurs, les meurtres.

-En 1702 lors de la guerre de succession d’Espagne le Bavaisis subit le harcèlement des Hollandais qui exigent le versement de contributions sous peine de destructions, de pillages, d’enlèvements.

-En 1709  ce sont les troupes qui manœuvrent qui mettent la contrée à mal. La chapelle de la cense de la commanderie des templiers (Ordre de Malte) est pillée.  Le 11 septembre c’est la bataille de Malplaquet.

-en 1713  le traité d’Utrecht amène une paix durable, La Flamengrie reste Française malgré les fluctuations ultérieures de la Frontière.

 La France hérite d’un nouveau voisin : l’Autriche.

La Flamengrie devient alors village frontalier avec l’empire des Habsbourg. Commence alors l’épisode mouvementé du tracé de la frontière.

Ci dessous la carte actuelle du village qui met en évidence sa position enclavée en territoire Belge.

Enclave de La FlamengrieSource Géoportail de l’IGN

La Chaussée antique (dite Brunehaut) en cailloutis reliant Bavay à Tournai (Belgique) est peu à peu délaissée  au « profit » de la nouvelle route Bavay-Valenciennes (Atlas de 1746) située au sud de La Flamengrie, (donc en France) reliant stratégiquement les places fortes de Maubeuge et de Valenciennes. Elle est une des premières routes pavées de la région.

Avant le XVIIIème  siècle pour aller de Bavay (France) à Sebourg (France) il fallait prendre la chaussée Brunehaut en propriété conjointe avec l’Autriche, ré-entrer en France peu après le carrefour du « Callotin », reprendre la chaussée Brunehaut mitoyenne avec l’Autriche. Entrer en territoire Autrichien jusqu’au village de Bry situé en France et enfin atteindre Sebourg.

-La chaussée « Brunehaut » Bavay-Tournai ne sera  plus utilisée  pour rejoindre Valenciennes, il fallait en effet  à cette époque longer le bois de Roisin,  où se cachaient les contrebandiers et les malfaiteurs, et il fallait traverser la frontière à plusieurs reprises.

Les habitants de la Flamengrie emprunteront alors l’autre chaussée « Brunehaut » Bavay-Cambrai qui rejoint à Jenlain la route Le Quesnoy-Valenciennes

 

Nota : Sur la carte ci-dessus les petits carrés (très petits) représentent les bornes frontières entre la France et la Belgique ( l’Autriche à l’époque)

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3°) Histoire des bornes frontières

Il faudra deux longues années de négociations et de tergiversations dès 1779 pour effectuer les premiers mesurages concernant le bornage de cette frontière entre la France et l’Autriche (aujourd’hui Belgique). En 1781 ce sont 65 bornes numérotées portant d’un coté la fleur de lys  représentant les armes de la France et de l’autre l’aigle  bicéphale de l’empire Autrichien.

Ce bornage amènera des situations cocasses ; des cultivateurs Belges (Autrichiens) devaient passer en France pour rejoindre leurs terres en Belgique en passant par la Flamengrie et de même et inversement pour des agriculteurs Français.

On cite souvent le fait divers suivant :

Un jour, un fermier a voulu passer la frontière, sans formalités, avec sa citerne remplie de purin. Après maintes discussions avec les douaniers, il a finalement su les convaincre de le laisser passer sous peine de vider le contenu de son chargement nauséabond sur place !

Ci-dessous une vidéo de l’INA qui prête à sourire mais qui illustre bien la situation de la Flamengrie.

-Vidéo INA

Source:  http://www.ina.fr/video/CAB99024577

Conséquence de cette frontière, très improbable à surveiller complètement, elle a favorisé la contrebande. La proximité de la Belgique, dont certaines denrées étaient moins taxées qu’en France notamment le tabac, le café, le sucre et l’alcool, occupait de très nombreux agents des douanes qui patrouillaient jour et nuit le long de la frontière. Des manufacturiers de la commune Belge de Roisin fabriquaient des paquets de tabac dits « de Roisin » très recherchés dans les communes du Hainaut Français. Le tabac se disait « Toubac » dans notre région.

Une rue de la Flamengrie rend « hommage » à ce trafic très répandu jusqu’ à une époque récente. (Ouverture des frontières au marché commun).

Rue des Toubaqueux

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4°) Quelques vues des édifices du village

-L’ église Saint-Gilles, Édifiée en 1859 à l’emplacement d’un ancien bâtiment que l’on dit bâti par les templiers.

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-La Mairie

Installée depuis 1879 dans les locaux de l’ancienne école. Elle occupe complètement ce bâtiment. Auparavant seul l’étage faisait office de mairie, et on raconte que les réunions du conseil se tenaient dans un estaminet.

La toute première école se trouvait au carrefour du « Calotin » (voir carte plus haut)

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-La commanderie des templiers au lieu-dit « le Calotin »

 Ce carrefour est assez singulier, il se trouve sur la voie antique dite « Chaussée Brunehaut » qui reliait Bavay à Tournai (Belgique) par Escautpont. C’est à cet endroit dès 1681 que l’ordre des Templiers du Piéton (près de Mons) avait établi une cense importante. Il ne s’agissait pas d’un ordre contemplatif. Leur mission était la  protection et l’hébergement des pèlerins qui se rendaient de Bavay à Sebourg sur le tombeau de Saint Druon.

Voir extrait du cadastre ci dessous:

Commanderie de La Flamengrie FRAD059_P30_133_000002Source : Archives départementales du Nord. Cadastre cote P30/133 La Flamengrie

Cet extrait de plan du cadastre fait l’objet d’une autorisation de parution dans ce blog délivrée par les archives départementales. Reproduction interdite sans leur accord.

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5°) Quelques bornes frontière

Un document « Circuit promenades » édité par l’association E.T.A.P  de Roisin présente un plan d’un circuit promenade permettant de découvrir ces bornes frontière mais il est indiqué que certaines sont en domaine public et d’autres en domaine privé. Dans une réédition récente la légende a changé : Les bornes en domaine public sont devenues des bornes existantes par contre celles en domaine privé sont considérées comme bornes disparues (mais leur emplacement est indiqué). Il a été dit, sous couvert, que certaines bornes servaient de montants d’Âtre de cheminée. Mais ce sont des médisances !

En cliquant ici vous ouvrez un site qui répertorie la quasi totalité des bornes.

En entrant dans le village en venant de Valenciennes ou de Bavay au lieu dit « Le Calotin » (voir photo ci-dessous) apparait une borne frontière (borne n°17) et une boite à lettre rouge Belge. De l’autre coté de la Chaussée Brunehaut on aperçoit la chapelle « des 4 chemins », elle est située en territoire Français.

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Un peu plus loin, rue de l’église, à une dizaine de mètres, sur le même trottoir une autre borne (borne n°18), souligne la complexité du tracé de cette frontière.

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Les bornes portent d’un coté l’aigle à deux têtes Autrichien et de l’autre la fleur de lys de la royauté Française. Sur le dessus un numéro d’ordre est gravé. 1 à 65

Ci-dessous la prise de vue de quelques autres bornes situées en domaine public, que chacun peut retrouver lors d’une promenade.

Parfois la découverte ressemble à un jeu de piste, il faut emprunter le sentier dit « Voit n’y goutte » en marchant sous la frondaison pour découvrir la borne 46, mais ce sentier est un cul-de-sac.

Sentier voit n'y goutte

La borne n° 46 ou bout du sentier où on n’y voit goutte, faites un pas de plus et vous entrez en Autriche !  :-)

La borne 46

L’imposante ferme ci-dessous se trouve en Belgique au bout du chemin des Rocs.

OLYMPUS DIGITAL CAMERAElle se trouve bien en ancien territoire Autrichien car la borne ci-dessous N° 42 placée derrière les arbrisseaux du premier plan de la photo précédente  l’indique. (C’est une ferme Belge mais on ne peut y accéder que par une voie Française).

Borne 42 coté  Habsbourg

En prenant la direction de Roisin vous trouverez la borne 37

borne 37 coté Autriche

Toutes les bornes ne sont pas photographiées ni présentées dans cet article car leur découverte est parfois difficile. Je vous laisse le plaisir de la recherche. Ci-dessous la borne 31

Borne 31

Celle-ci semble avoir été un peu bousculée par un engin agricole désireux de labourer en territoire étranger.  :-)

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D’autres ont subi quelques dégâts. (Borne 21 de la rue du rivage).

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Cette autre borne n°19 de la rue du vieux chemin de Valenciennes est-elle mal placée ?

Où se trouve la frontière ? Entre les deux maisons ? Sur la moitié du trottoir ?

Heureusement que les portes s’ouvrent dans l’autre sens. :-)

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Cette dernière photo (j’en ai d’autres) illustre bien les difficultés rencontrées par les géomètres lors du tracé de la frontière et les négociations, tractations, compromis qui ont duré 2 ans.

On comprend  mieux ainsi cette particularité de la frontière qui ne pouvait que favoriser la contrebande.

« Sucre, alcool, café et tabac étaient amenés en fraude. Certains contrebandiers utilisaient des caches pour entreposer leurs marchandises et les paysans ne disaient rien, craignant les représailles… D’autres dressaient leurs chiens à passer la frontière avec des corsets rembourrés de tabac ou encore de dentelles. Les meilleurs amis des passeurs devaient alors déjouer les pièges des douaniers et affronter les chiens policiers. Le maire de La Flamengrie reconnaît lui-même avoir été un contrebandier dans sa jeunesse. « On cachait le tabac sous nos casquettes et on se les échangeait parfois pour duper les douaniers », relate Régis Grémont-Naumann. Ironie de l’histoire, la mairie se trouve aujourd’hui dans la rue… des Toubaqueux »

 Source :

http://www.lavoixdunord.fr/region/la-flamengrie-la-rue-des-toubaqueux-synonyme-de-contrebande-ia23b44376n1431187

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6°) Carte avec emplacement des bornes

Voir en plein écran

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7°) L’affaire du 19 Août 1888

En 1888 le général Boulanger cherche à renverser la république, il mène campagne dans plusieurs circonscriptions. Le 19 Août c’est le jour des élections. Grosse surprise, seul le village de la Flamengrie vote à 100 % pour la république. Mais il faut dire que les deux seuls Boulangistes du village ont été enfermés dans une grange.

Une souscription nationale est ouverte par la république et le 02 juillet 1889 une Marianne dorée à l’or fin est offerte à la commune et inaugurée par le préfet de l’époque devant 2000 personnes. .C’est depuis cette époque que les habitants de la Flamengrie portent le nom (le gentilé) de Français et Françaises (unique en France).

LaFlamengrie Statue1888

Source; Wikimedia commons. Image libre de droits https://commons.wikimedia.org/wiki/File%3ALaFlamengrieStatue1888_200507.jpg

Statue du vote du 19 Août 1888 restaurée en 1982 et en 2005

Hauteur environ 1,80 m

Dorée à la feuille d’or fin.

La statue portait à l’origine un flambeau dans la main droite et un rameau d’olivier dans la main gauche.

-Au début de la première guerre mondiale, fin Août 1914 la statue avait été peinte, démontée et mise à l’abri des Allemands sous un tas de fumier.

-Elle fût restaurée en en 1982 et en 2005

Mais son histoire ne s’arrête pas là car elle fût volée en 2008.

 -Ci-dessous Photo prise en 2014 du socle de la statue en pierre bleue de Hon-Hergies (Sans la statue)

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Nouvelle statue.

Peu après le vol, la municipalité s’est mis en quête d’une nouvelle statue conforme à l’originale. Après de nombreuses recherches il est apparu que 45 statues identiques avaient été fabriquées et qu’il en restait encore actuellement 15 en état  et surtout  qu’une réplique exacte se trouvait à Salvagnac dans le Tarn. C’est cette dernière qui servit de modèle à la fabrication de la nouvelle statue. Celle-ci est dorénavant placée sur la place devant la mairie. Elle a été inaugurée le 18 Avril 2015. Mais il lui manque toujours le flambeau et le rameau d’olivier. Ce n’est pas un poing contestataire qu’elle brandit. :-)

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8°) Moneuse le chauffeur du Nord

 « Moneuse ! Évocation lugubre d’un nom à jamais abhorré qui glaçait d’effroi les populations terrorisées du Haut-Pays. Sinistre bandit; coquin exécré; infâme détrousseur de voyageurs attardés sur les grand-routes ; pillard éhonté de fermes isolées ; coureur infatigable de jupons troublants ; ivrogne invétéré ; pilier de cabarets ; brute odieuse dont le souvenir nauséabond intoxique encore les mémoires rancunières. Tout le long de la frontière française, de Feignies à Roisin, du nord au sud, de Ville-Pommerœul à Bavay, en passant par Thulin, Erquennes, Dour, Élouges ; de l’est à l’ouest, de Binche à Condé, en Hyon, en passant par Quévy, Nouvelles, Asquillies, Ciply, Moneuse sème une irrésistible terreur derrière lui. »

Le paragraphe ci-dessus est extrait du livre : Moneuse. Un chef de bandits sous le directoire par Albert JOTTRAND du Barreau de Mons.(1932). Lien : http://users.skynet.be/sky71622/Moneuse.html

Ce livre est  mis en ligne par la librairie « L’oiseau-Lire » 36 rue du Hautbois. 7000 MONS (Belgique)

En 1796 le bandit Moneuse et sa bande de « chauffeurs » attaque le moulin de Rombies-et- Marchipont de nuit mais se contente d’emporter des victuailles après avoir « chauffé » les pieds de la meunière et menacé les occupants. (Source: Cercle historique et archéologique de Rombies-et-Marchipont).

Mais vous pouvez lire le récit d’un de ses pires méfaits en cliquant ici.

Moneuse fût jugé et condamné à la guillotine sur la place de Mons (Mons faisait partie, à l’époque, du département Français de Jemmapes). Faute de témoins pendant le jugement (chacun craignait des représailles)  Moneuse fit appel de sa condamnation et libéré. Mais après d’autres crimes il fût arrêté, jugé et guillotiné sur la place de Douai. Un de ses témoins à charge était notamment  le notaire M.L  dont il est question dans l’histoire dont je vous conseille la longue lecture ci-dessus.

Pourquoi parler de Moneuse dans cet article sur La Flamengrie ?

C’est que le village est très proche de St Waast-la-Vallée où l’on connait deux refuges de Moneuse.: Chacun devait trembler la nuit l’oreille aux aguets.

-La tour au bois.

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-L’auberge devenue le restaurant  « Le Moneuse » situé sur la chaussée Brunehaut Bavay-Cambrai  à la sortie de Saint-Waast-la-Vallée.

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Si vous vous promenez dans les rues de La Flamengrie vous découvrirez des habitations dont les fenêtres sont encore protégées par de lourds barreaux, ceux-ci datent de l’époque où Moneuse terrorisait la région.

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9°) Circuit promenade

Un circuit promenade vous est proposé par le conseil général du département du Nord en cliquant sur le lien ci-dessous :

http://www.cc-paysdemormal.fr/IMG/pdf/circuit_des_bornesn9.pdf

Circuit promenade

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Fin de l’article

Il est rare qu’un si petit village possède une histoire si complexe, je vous conseille de le visiter. Ne serait-ce que pour jouer au jeu de piste à la recherche des bornes frontière.

 

Rappel

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